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La
revue des millésimes au Château du Hureau
1989 millésime du siècle, maturité exceptionnelle des raisins, baies concentrées, peaux épaisses, vendanges précoces.
1990 Bon millésime chaud mais un peu moins équilibré que les 89.
1991 gel le 21 avril (-7°C), perte de récolte, floraison difficile, retard de maturité, pluies en septembre, année nécessitant beaucoup de tris.
1995 beau millésime mûr, avec un été très chaud et de belles maturités mais les pluies de septembre ont perturbé les vendanges et certains vignerons ont récolté trop tôt, donnant un millésime plutôt hétérogène.
1996 très beau millésime, printemps maussade, été superbe et quelques pluies en septembre, millésime complet de longue garde.
1997 beau millésime mûr avec des acidités basses, vins faciles à boire, de garde moyenne.
1999 bon millésime, printemps chaud et humide, floraison et véraison optimales, arrière-saison très humide, belle maturité et acidité faible, millésime de garde moyenne.
2000 millésime moyen, débourrement précoce, mildiou, début d’été chaud mais pluies en août et septembre, nécessité de trier.
2001 millésime pluvieux, débourrement précoce, printemps très pluvieux, beaux mois d’été mais septembre très pluvieux, manque de maturité et dilution si pas de tris sévère.
2003 au Château du
Hureau : débourrement très irrégulier vu un gel en avril, croissance très
ralentie. Avec les premières chaleurs, la vigne libère enfin son énergie. Le
beau temps se poursuit et la floraison est très précoce, fin Mai / début Juin.
Orage de grêle en juillet (« éclaircissage naturel), mais la sécheresse de cet
été brûlant va cicatriser toutes les plaies de grêle. Aucun foyer de
pourriture ne se déclarera. Quelques petites pluies bienvenues vont même
permettre à la vigne de faire face sereinement à cette canicule et d'alimenter
normalement ses raisins. Un miracle... qui se conclura en beauté par des
vendanges de rêve, un état sanitaire parfait, des richesses en sucre jamais
vues en Cabernet Franc : 14° de moyenne, des pointes à plus de 14°5 ! Des
acidités, certes basses, mais pas alarmantes et qui remonteront en cours de
macération, comme en 1997...
Ces degrés élevés poseront quelques problèmes aux levures qui auront bien du
mal à digérer les derniers grammes de sucre... et les malo-lactiques des
Champigny traîneront jusqu’à la Saint Sylvestre !... Un grand millésime sans
angoisse, ça n'existe pas...
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Nous avons débuté avec le
2001 au nez assez simple, cerise, fruits rouges acidulés, groseille,
réglisse, fougère. Bouche à l'attaque souple, tendue, matière moyenne, beau
fruit, acidité présente mais sans excès, tannins serrés, finale moyennement
longue. Un beau vin de fruit (13,3/20).
Vint ensuite le 1991 à la robe évoluée et au
nez typé, poivron, terreux, fruits rouges lactés, sous-bois, café froid,
champignons. Une Bouche à l'attaque tendue, à la matière moyenne et à l’acidité
très présente, avec des tannins stricts et une finale amère. Un vin très dur,
qui a perdu son charme, dans ce millésime difficile (11,1/20).
Le 2000 offrait un nez complexe, fruits
rouges et noirs confiturés, cerise noire, mûre, torréfaction, épices du
bouillon, note viandeuse, amande. Bouche à l'attaque puissante, matière
concentrée, acidité présente, tannins serrés, finale puissante, mais qui sèche
un peu. Un vin un peu chaud (13,2/20).
Le 1999 au nez plus discret, fraise,
framboise, chocolat, poivre, tabac, note lactée, menthol, montre une bouche à
l'attaque à la fois souple et tendue, une matière concentrée, une acidité
présente, des tannins onctueux, et une finale longue et harmonieuse. Un très
beau vin plaisant pour le moment et proche de la maturité (14,9/20).
Le 1990 s’ouvrait sur un puissant et
complexe, poivron, café, tabac, sous-bois, fourrure, réglisse, caramel, fraise.
Pour suivre avec une bouche à l'attaque souple, une matière élégante,
l’acidité est fondue et les tannins soyeux, finale longue sur des notes
grillées. Un beau vin dans un style classique (15,6/20).
Le 1995 présentait également un nez
complexe, caramel, fruits rouges à l'alcool, fourrure, torréfaction, menthol,
pomme compotée, amande, et une bouche à l'attaque ample, puissante, matière
concentrée, acidité assez présente, alcool très marqué, tannins serrés, finale
sur une pointe de sécheresse. Un vin ample un peu moins équilibré que le 1990 (14,7/20).
Le 2003 explosait au nez avec des arômes de
mûre, myrtille, fruits rouges lactés, amande, note de fleurs. La bouche à
l'attaque puissante, à la matière concentrée et à l’acidité fondue, offrait des
tannins soyeux et une finale longue et onctueuse. Un vin typé du millésime avec
beaucoup d’opulence et de chaleur mais qui manque d’équilibre pour le moment,
mais laissons lui le temps de s’harmoniser (13,7/20).
Au contraire du 1997 au nez puissant et
complexe, chocolat, poivron rouge, terreux, fruits rouges acidulés, myrtille,
tomate, ratatouille, sous-bois, torréfaction. L’équilibre et la complexité se
retrouvent en bouche avec une attaque souple, ample, puissante, une matière
concentrée, une acidité fondue, et des tannins soyeux et racés et une finale
longue et harmonieuse. Un vin superbe d ‘équilibre et de maturité (16,6/20).
Dans un style plus strict le 1996 montrait
un nez austère, poivron, café, térébenthine, fruits rouges acidulés, groseille,
sous-bois, cuir, réglisse. Une Bouche à l'attaque tendue, puissante, une matière
concentrée, l’acidité très présente et la finale longue avec une charge tannique
impressionnante contribuent à renforcer ce coté très strict néanmoins il s’agit
d’un vin d'une jeunesse incroyable au potentiel de garde impressionnant (15,7/20).
Et pour finir en apothéose le superbe 1989
au nez typé, poivron rouge, terreux, fruits rouges acidulés, géranium, viandeux,
torréfaction, réglisse, menthol, tabac. Bouche à l'attaque souple, ample,
matière concentrée, acidité présente mais fondue, tannins racés, finale longue
et d'un équilibre fabuleux. Le grand vin de Loire dans sa finesse, sa fraîcheur
et son équilibre (17,3/20).
Une superbe soirée qui nous confirme d’abord le potentiel de vieillissement du cabernet franc quand il est récolté à maturité et avec des rendements corrects. Qui nous a permis ensuite d’apprécier les différences importantes entre les millésimes pour un vin issu d’un seul cépage et d’un terroir homogène. Et enfin de nous rendre compte que seul les grands millésimes gagnent à vieillir de nombreuses années avant d’atteindre l’équilibre.
Youri Sokolow (youri.sokolow@levinpassion.com)
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Révision :
25 March 2010