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Vignoble en coteaux (+/- 40 km) exposés au sud entre les Gaves de Pau et d’Oloron, au pied des Pyrénées, à environ 300 m d’altitude
AOC Jurançon en 1936, AOC Jurançon sec en 1975
Superficie 950 ha
Rendements autorisés 40 hl/ha (moelleux), 65 hl/ha (sec)
Production 47000 hl/an (75 % en sec)
Histoire
Origine gallo-romaine
Essor au XIV et XV ème (ecclésiastiques & bourgeois)
Heure de gloire au XVIème « le vin des rois » (parcelle réglementées au
parlement de Navarre, première notion d’AOC et de cru).
Baptême d’Henri IV en 1553 (gousse d’ail sur les lèvres et Jurançon pour le
rendre vigoureux).
Colette écrivit « je fis adolescente, la rencontre d’un prince enflammé,
impérieux, traître comme tous les grands séducteurs : le Jurançon ».
Cépages
1. le Petit Manseng (25 %)
200 ha en France (1000 ha en Uruguay)
Petites baies à peau épaisse (passerillage)
Maturité tardive
Acidité naturelle élevée
Rendements idéal 15-20 hl/ha
Arômes de banane, de fruits exotiques, de fruits jaunes, évolution vers le miel, les épices (cannelle, muscade, girofle) et les notes encaustiques.
Vins riches, amples, haut pourcentage alcoolique, mais vifs, très racés, délicats, équilibrés, d’une grande concentration
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| Petit Manseng | Gros Manseng |
2. le Gros Manseng (70 %)
750 ha en France
Grosses baies, peau plus fine que petit manseng
Rendement idéal 40-45 hl/ha
Maturité plus précoce, acidité moindre
Arômes de fleurs blanches, fruits exotiques (miel, épices)
Vins très parfumés, francs, élégant, harmonieux, rondeur et fraîcheur
3. le Courbu (5%)
Camaralet, Lauzet
Type de vignoble
Conduites de vignes en
hautains (taille haute 1,70 m), évite gelée de printemps
Passerillage
Raisins surmûris, rôtis mais non atteints par la pourriture noble, concentration en sucre des baies et récolte par tries successives
Sols
Argilo-calcaires et Argilo-silicieux, riches en galets (bon drainage)
Climat
Océanique (forte pluviosité)
Tempéré
Au pied des Pyrénées, influence des vents chauds venant d’Espagne
Dissipation brumes & T° automnales élevées

Grands millésimes
2001, 1996, 1995, 1990, 1989, 1988, 1985, 1978, 1971,1956, 1921
Accords
Secs
crustacés
Poissons de rivières
Charcuteries
Fromages de Pyrénées (Ossau-Iraty)
Moelleux
foie gras
fromages bleus
Tarte aux coings, tarte tatin, tarte aux mangues
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Domaine Cauhapé (Monein – 05.59.21.41.82)
Domaine Larredya (Jurançon – 05.59.21.74.42)
Domaine Bru-Baché (Monein – 05.59.21.36.34)
Domaine Bellegarde (Monein – 05.59.21.34.82)
Domaine Bordenave (Monein – 05.59.21.34.83)
Domaine de Montesquiou (Monein – 05.59.21.43.49)
Clos Guirouilh (Lasseube – 05.59.04.21.45)
Clos Lapeyre (Jurançon – 05.59.21.50.80)
Clos Thou (Jurançon – 05.59.06.08.60)
Clos Uroulat
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Au cours de cette verticale, nous avons eu l’occasion de goûter 9 millésimes du Clos Uroulat.
Nous
avons débuté la soirée avec le 2003 au nez
puissant sur des notes de banane mûre, de coing, de fleurs sur un fond de
caramel et de pain d'épices. Bouche à l'attaque à la fois ample et fraîche, une
pointe de CO2, un alcool très marqué, une matière moyenne, de la chaleur et une
longue finale un peu trop marquée par le sucre et l'amertume. Un vin dissocié
dont l’avenir est difficilement prévisible (12,5/20).
Nous avons enchaîné avec le 2002 au nez
élégant et typé sur des notes de banane mûre, de pomme, de fleurs blanches sur
un fond de miel et de truffe. Bouche à l'attaque à la fois ample et fraîche, une
matière délicate, longueur moyenne et belle finale équilibrée sur une très belle
fraîcheur. Un vin de plaisir immédiat à boire jeune sur son équilibre (13,5/20).
Nous avons ensuite fait un bon dans l’harmonie et la concentration avec le
2001 au nez complexe de brioche aux raisins,
ananas, coing, banane, floral, mangue, fruits exotiques, truffe blanche,
agrumes, pétrole. Bouche: attaque ample, alcool marqué, mais très belle acidité,
matière concentrée, grande longueur, finale opulente mais équilibrée. Un très
grand vin à l’aube de sa vie, dans un millésime superbement équilibré (15,3/20).
Effet de séquence et déception avec le 2000
au nez assez fermé sur des notes de térébenthine, de
levure, de menthe sur un fond de miel et d'épices. Bouche à l'attaque ample,
alcool très marqué, matière moyenne, longueur moyenne et amertume en finale. Un
vin austère dans une phase de fermeture ou déjà passé ? (11,5/20). Retour à l’équilibre et à la pureté avec le
1999
au nez puissant sur des notes de brioche, de raisins de Corinthe sur un fond de
miel et d'hydrocarbures et de mandarine. Bouche à l'attaque à la fois ample et
fraîche, une matière superbe, de la puissance, de la concentration et une longue
finale d'un superbe équilibre avec une très belle acidité. Un vin puissant mais
équilibré qui se goûte déjà bien maintenant, mais qui pourra encore évoluer (15,7/20).
Encore
un cran au dessus, le 1995 nous offre un nez
complexe, pamplemousse, mandarine, fruits exotiques, coing, pétrole, miel, cire,
caramel. Bouche à l'attaque ample, large, onctueuse mais fraîche et tendue,
superbe concentration et longue finale serrée. Un très beau vin d'un équilibre
remarquable (15,9/20). Petit millésime et
pas de surprise pour le 1991 au nez austère
sur des notes de cire, d'épices, de pharmacie, de réduction. Bouche à l'attaque
acidulée, une matière légère, finale stricte et amère. Un vin passé (11,7/20).
Le 1990 est un vin marqué par la chaleur
avec son nez de coing, une touche de réduction (cour de ferme) sur un fond de
miel et d'épices, de massepain, de cire, de caramel. Bouche à l'attaque à la
fois ample et fraîche, une matière à la fois riche et puissante, une longue
finale sur des notes encaustiques. Un vin à maturité (13,7/20).
Fin de soirée en apothéose avec le magnifique 1988
au nez puissant sur des notes de truffe, de banane mûre, de mangue, de coing, de
brioche sur un fond de cire, de miel et d'épices. Bouche à l'attaque superbe à
la fois fraîche et élégante, une matière superbe, de la puissance, de la
concentration et une longue finale d'un équilibre fabuleux sur une magnifique
acidité. Un vin superbe, d’une jeunesse incroyable, qui ne semble pas avoir
évolué (16,4/20).
Une superbe soirée qui nous confirme le potentiel de vieillissement du petit manseng quand il est récolté à maturité et avec des rendements corrects. Grâce à son acidité, il peut quand le millésime le permet permettre l’élaboration de vins capables d’évoluer plus de 20 ans. Cette soirée nous a permis ensuite d’apprécier les différences importantes entre les millésimes pour un vin issu d’un seul cépage et d’un terroir homogène. Inutile de vouloir garder des vins issus de millésimes moyens, il est préférable de les boire sur l’équilibre de leur jeunesse plutôt que dans leur phase descendante.
Youri Sokolow (youri.sokolow@levinpassion.com)
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Révision :
12 November 2007