Les Grandes Dégustations 
des cours du Vin Passion


Les vins du
Nord de l'Italie



Cher visiteur,

Nous vous proposons ici de vous emmener au Nord de l'Italie pour vous faire découvrir des régions viticole connues et moins connues de le botte latine.
Nous tenons tout spécialement à remercier "Licata Vini" pour nous avoir permis de puiser largement notre description sur son site web : www.licata.be

Voici les régions auxquelles nous nous intéressons dans ce dossier :

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TRENTINO ET ALTO ADIGE – LE TRENTIN ET LE HAUT ADIGE
 

La région la plus septentrionale d'Italie, avec des frontières alpines jouxtant l'Autriche et la Suisse, est subdivisée en deux provinces distinctes. Au sud, le Trentin, qui entoure la ville de Trento, historiquement italien de langue et de culture. Au nord, le Haut-Adige, centré autour de la ville de Bolzano, plus connu sous le nom de Sud Tyrol par la population essentiellement germanophone. Le Sud Tyrol, qui fait historiquement partie de l'Autriche, est officiellement bilingue. Le Trentino-Alto Adige est ceint par les Alpes et par les Dolomites 

La difficulté à palisser la vigne le long de des treilles de bois sur les terrasses à flanc de coteau contraint les vignerons à miser davantage sur la qualité. Plus de 60% de la production est classée DOC et environ 35% de la production locale est exportée (les deux pourcentages les plus élevés d'Italie). Pourtant, si les experts s'accordent à dire que le climat alpin favorise la culture du raisin destiné aux vins blancs parfumés, l'accent est mis sur le rouge, qui s'approprie plus de deux tiers de la production régionale. 

Le cépage prédominant est le Schiava ou Vernatsch, qui produit des rouges légers particulièrement populaires au nord, dans les pays germanophones. Le plus apprécié d'entre eux est sans aucun doute le St-Magdalener ou Santa Maddalena, issu des pentes pittoresques qui dominent Bolzano. Le plus connu est le Caldaro ou Kaltersee, produit à partir des vignes qui entourent le superbe lac du même nom, au rythme de plus de 20 millions de litres par an, ce qui lui confère une place d'honneur parmi les DOC d'Italie en termes de volume. Quant aux vins de couleur rubis rosé issus du Schiava, ils parcourent la totalité du Sud Tyrol, le long du fleuve Adige, atteignant finalement le Trentin et la Vénétie sous l'appellation Valdadige. D'autres rouges visent un peu plus haut. Le Lagrein, originaire du Haut-Adige, et le Teroldego, issu du Trentin, figurent parmi les cépages les plus distingués du nord de l'Italie, et engendrent des vins à la personnalité singulière. Le Marzemino produit un vin rouge frais et joyeux. Une place considérable est accordée au Cabernet et au Merlot, qui peuvent atteindre des niveaux impressionnants, seuls ou en association avec d'autres. La région produit également quelques-uns des meilleurs rosés d'Italie, dont le plus impressionnant est sans doute le Lagrein Kretzer. Avec son arôme fleuri délicat, le tendre Moscato Rosa est un vin de dessert rare et apprécié.

La demande croissante de vin blanc a poussé les vignerons à planter davantage de variétés internationales primées. L'altitude est favorable aux blancs aromatiques : Gewurztraminer, Sylvaner, Müller Thurgau et Moscato blanc. Mais la qualité des Chardonnay, Pinot Bianco et Grigio, Sauvignon et Riesling Renano issus de certaines caves peut rivaliser sans honte avec les meilleurs vins d'Italie. Originaire du Trentin, le Nosiolo donne un blanc sec très agréable, et constitue également la base du Vino Santo, un riche vin de dessert de la Vallée des deux Lacs.

La production des nombreux vins variétaux se concentre dans deux grandes zones DOC : le Trentin dans le sud et le Haut-Adige ou Sud Tyrol dans le nord. Le Valdadige s'applique à des vins rouges et blancs répondant à des normes commerciales populaires, produits entre Merano et Vérone. Certaines petites zones DOC sont connues pour leur grande classe. Valle d'Isarco et Terlano produisent quelques blancs exquis dans le Haut-Adige, et Santa Maddalena est depuis longtemps réputé pour son rouge léger et raffiné. Le Teroldego, produit dans la plaine de Rotaliano, au nord de Trento, est un rouge étonnamment séduisant dans son jeune âge, capable de vieillir magnifiquement bien lorsque issu de bons millésimes .

Si les vins blancs de la région sont souvent considérés comme légers au regard des normes internationales, certains ont une propension inattendue à vieillir. Pinot Bianco, Gewurztraminer, Riesling et MüIler Thurgau sont connus pour conserver fraîcheur et vitalité durant une ou deux décennies. Mais l'accent repose surtout sur les très populaires Pinot Grigio, Chardonnay et Pinot Bianco, dont la qualité ne laisse jamais d'étonner. Pour finir, signalons que les producteurs des deux provinces élaborent également des vins plus lourds et plus complexes, surtout à partir de Chardonnay, Sauvignon et des Pinots, ainsi qu'à base de Sylvaner; Riesling, Müller Thurgau et Gewurztraminer, dont le nom dérive du village sud tyrolien de Tramin. Une série d'entre eux utilisent également de nouvelles techniques pour les vins rouges, notamment dans certains assemblages de Cabernet et Merlot, mais également avec le Pinot Nero et le sous-estimé Lagrein. Ils rehaussent peu à peu le statut d'une région dont les états de service en matière de DOC ne reflètent pas totalement l'extraordinaire potentiel qualitatif. Le Trentin, qui peut se targuer de posséder la plus grosse production de Chardonnay d'Italie, est un leader dans le secteur des vins mousseux produits selon la méthode classique, le spumante.

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FRIULI – LE FRIOUL

La région compacte constituée par le Frioul et la Vénétie Julienne, aux frontières de l'Autriche, de la Slovénie et de la Croatie, est le royaume du vin blanc italien nouvelle tendance. Se basant sur de fort bonnes variétés locales et sur la crème de la gamme variétale internationale, les Frioulans ont appliqué des techniques viticoles bien étudiées et une œnologie d'avant-garde à la production de vins blancs très caractéristiques, ainsi que de quelques rouges éminemment attractifs. Le Frioul possède deux zones DOC de niveau exceptionnel à Collio Goriziano, plus simplement Collio, et dans les zones adjacentes constituées par les Colli Orientali del Friuli, qui épousent les frontières de la Slovénie, de Gorizia, au nord-ouest, à Tarcento. Les pentes en terrasses, appelées ronchi, et l'échange de courants adriatiques et alpins créent un environnement extrêmement favorable. Carso est une zone unique, nichée dans les collines qui dominent le port maritime et la capitale régionale, Trieste. Les quatre autres zones DOC couvrent des collines basses ou des plaines, ce qui n'enlève rien au potentiel qualitatif de ces sites.

Pratiquement tous les vins repris dans les sept catégories DOC sont des vins de cépage. Globalement, environ 40% de la production du Frioul est DOC. Seule la zone Grave del Friuli, qui produit près de 20 millions de litres par an afin de figurer au top dix des DOC en termes de volume, peut être considérée comme une grande zone au regard des normes nationales.

Pour ce qui est des vins blancs, le Frioul est en train de se tailler une réputation certaine, tant en Italie qu'à l'étranger. Le Tocai Friulano tient ici le haut du pavé et en dépit de son nom, cette variété native du Frioul ne présente aucun lien de parenté avec d'autres vins italiens connus sous le nom de Tokay ou Tokaji. Le Malvasia local, Ribolla et Verduzzo méritent notre curiosité, de même que des variétés importées mais établies de longue date comme le Chardonnay, le Sauvignon, les Pinots, le Traminer et le Riesling. En ce qui concerne les blancs, le style frioulan privilégie le délicieusement frais et le fruité, avec des parfums délicats et un bouquet exprimant clairement la spécificité variétale. De nombreux producteurs considèrent leurs blancs comme étant trop purs et linéaires que pour tirer profit d'un vieillissement sous bois. Le style frioulan est en ligne de mire sur la scène vinicole nationale, qui semble favoriser les flaveurs et les noms des purs vins de cépage. Il existe cependant des exceptions la règle, notamment parmi certains vins de table, qui gagnent en profondeur et en complexité grâce aux assemblages, au vieillissement en barrique de bois et à d'autres apports artistiques.

Traditionnellement, les rouges frioulans ont toujours été légers et fruités, meilleurs lorsque bus de deux à cinq ans après la vendange. Cette remarque s'applique aux deux variétés dominantes, le Merlot et le Cabernet Franc, ainsi qu'au Pinot Nero et à la principale variété native, le Refosco. Certains vinificateurs ont toutefois réussi à rehausser structure et nuances en mélangeant Cabernet, Merlot et d'autres variétés, et en mettant le vin à vieillir dans de petits fûts de chêne neuf.

Les Frioulans ont tendance, et c'est encourageant pour d'autres producteurs, à redécouvrir certaines variétés négligées, et à les faire revivre. Premier de ces légendes, le Picolit, un vin blanc considéré vers 1800 comme l'un des meilleurs vins doux européens, alors qu'il avait les faveurs des Habsbourg. Malgré des rendements plutôt faibles, le Picolit a réussi son come-back. Il en va de même pour le Verduzzo, qui produit des vins de dessert d'une légèreté exquise dans la région des Colli Orientali. Le Ribolla Gialla, natif de Collio, bénéficie de nouvelles méthodes, qui en ont fait un blanc sec de caractère. Parmi les rouges, le Refosco, qui peut être tantôt léger et fruité, tantôt apte à un assez long vieillissement. Rares et atypiques, Franconia et Tazzelenghe donnent des vins caractéristiques, mais la palme du potentiel qualitatif revient sans doute à la variété Schioppettino. Les vins effervescents ne cessent de gagner du terrain, dans la mesure où les vinificateurs introduisent non seulement des Pinot et autre Chardonnay de choix dans leurs cuvées, mais également du Ribolla, ce qui donne un mousseux raffiné. 

Colli Orientali del Friuli

Le district est un gros producteur de bons vins blancs frioulans. Les rendements se montent à plus de 60 pour cent de la production DOC totale des Colli Orientali.

La variété dominante est le Tocai Friulano, dont la zone constitue l'habitat idéal. Les origines du Tocai sont très controversées, mais on sait qu'il a été beaucoup cultivé en Italie, et encore plus dans le Frioul, et ce durant plus de deux siècles.

Le sol des Colli Orientali del Friuli appartient au fameux "flysch di Cormòns" et consiste en une alternance de couches de marne et de grès. L'origine géologique des collines orientales doit être recherchée dans l'éocène. Depuis, la lente décomposition des sédiments et la main de l'homme ont modelé le paysage, plutôt doux et séduisant.

Si le Tocai est la variété la plus répandue, le Picolit est sans nul doute la plus typique. A partir de ses raisins, on produit un vin très ancien, déjà consommé au 17e siècle par les papes et les aristocrates. Seuls 400 hectolitres de ce vin sont produits aujourd'hui. La vigne est en effet assez difficile à cultiver, et est très sensible aux attaques parasitaires. L'avortement floral, c'est-à-dire l'impossibilité pour les fleurs d'évoluer vers le stade du raisin, est assez répandu. Du côté des variétés de raisins rouges, Merlot et Cabernet se retrouvent partout ; quant au Refosco, il est également très cultivé. 

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VENETO – LA VENETIE 

La région de Venise est la première d'Italie en termes de production et de commerce de vins classés. La majeure partie des vins DOC (soit quelque 225 millions de bouteilles par an) regroupent le fameux trio véronais Soave, Bardolino et Valpolicella . Etant donné toutefois que les DOC représentent moins d'un cinquième du total de la région, la Vénétie apparaît également comme un producteur et un exportateur majeur de vins de table non classés, d'un prix souvent modéré.

La région comprend trois zones globales de production haut de gamme : la province occidentale de Vérone, dans les collines entre le Lac de Garde et la ville de Soave; les collines centrales, dans les provinces de Vicenza, Padova et Treviso; les plaines orientales de la Piave et du Tagliamento, le long de la côte adriatique, au nord-est de Venise.

Les vins classiques de Vérone sont des natifs authentiques : le Soave, issu du Garganega et du Trebbiano di Soave, est généralement sec et tranquille, bien que les versions Recioto, spumante et douce, soient également prescrites. Troisième en termes de volume parmi les vins classés (avec quelque 50 millions de litres par an) après le Chianti et l'Asti Spumante, le Soave a longtemps été le vin DOC italien le plus populaire à l'étranger. Avec quelque 35 millions de litres, le Valpolicella, un assemblage de Corvina, Rondinella et Molinara, affiche un volume particulièrement élevé pour un vin DOC. Le Valpolicella a la réputation d'être un rouge plein et fruité, à boire relativement jeune, bien que les raisins issus de ses vignobles, dans les collines au nord de Vérone, puissent également être partiellement séchés et ajoutés au riche et sec Amarone della Valpolicella, ou encore à l'opulent et doux Recioto della Valpolicella. L'Amarone, avec sa structure ample et sa bonne longueur de bouche, se classe parmi les rouges qui font autorité en Italie. Le Bardolino, issu des mêmes raisins que le Valpolicella, est particulièrement facile à boire, que ce soit en version rouge légère ou en version rose foncé chiaretto. Sa récente popularité est due en grande partie à son positionnement de premier DOC novello d'Italie. Cette DOC, située sur les rives du Lac de Garde, se place également fort bien dans la liste des vins à gros volumes, avec pas moins de 20 millions de litres par an. Autre DOC véronais de renom, le Bianco di Custoza, d'une saisissante ressemblance avec le Soave. Un DOC récent, produit entre Vérone et Vicenza, est le Lessini Durello, un blanc sec acéré, généralement effervescent, qui semble promis à une belle destinée. Dans la région de Vérone, la tendance semble plutôt à la production de vins alternatifs, distingués. Certains rouges novateurs gagnent également du terrain, notamment les types dits rip'asso, élaborés sur une base de Valpolicella refermentée avec le marc d'Amarone. Les collines centrales de Vénétie s'approprient plusieurs zones DOC. Non loin de Vicenza, nous trouvons Gambellara, dont les blancs s'apparentent à ceux de la zone Soave voisine, et les Colli Berici, où prédominent les vins de cépage issus de Tocai, Pinot, Merlot et Cabernet. Toujours dans cette province, voici Breganze, où se distinguent les Cabernet et les blancs tirés des Pinot et Chardonnay, sans oublier le doux Torcolato. Non loin de Padova, s'étirent les Colli Euganei, dont les pentes escarpées produisent une large gamme de variétés

La province de Treviso comprend les collines au nord-ouest de Venise, entre les villes de Conegliano et Valdobbiadene, surtout connues pour le Prosecco, un blanc sec à légèrement doux, généralement pétillant. Une version raffinée est désignée sous le nom de Cartizze. La zone adjacente de Montello e Colli Asolani doit sa réputation au Prosecco, au Cabernet et au Merlot, ainsi qu'au fameux vino da tavola Venegazzu della Casa. Les producteurs de Prosecco, déjà très versés dans l'élaboration de vin effervescent, ne cessent d'accroître la production de spumanti Pinot et Chardonnay, généralement secs et élaborés par fermentation en citerne ou selon la méthode classique.

Les plaines situées au nord-est de Venise comprennent la zone DOC Piave, où Merlot et Cabernet se taillent la part du lion dans une vaste gamme, plutôt tendance, de vins de cépage, même si le rouge local Raboso et le blanc Verduzzo ont encore leurs admirateurs. Autrefois connue pour son Tocai blanc, son Cabernet et son Merlot, Lison-Pramaggiore aligne également aujourd'hui une liste complète de vins de cépage. Du côté des vins rouges, Merlot et Cabernet Franc ont fait office, durant des années, de véritables locomotives au centre et à l'est de la Vénétie, souvent sous forme de vins légers, à boire jeunes. Certains producteurs se sont toutefois hasardés à mélanger les deux, en y ajoutant de plus en plus de Cabernet Sauvignon, et à faire vieillir le vin dans de petits fûts, afin de développer davantage de style et de complexité. Dans toute la région, les vins blancs ont plutôt la cote depuis quelque temps, et on notera que Pinot Grigio, Sauvignon et, surtout, Chardonnay, ne cessent de gagner du terrain.

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VALPOLICELLA CLASSICO  

Les Romains appliquaient le terme Rhétique au vin issu de la zone autour de et au sud du Lac de Garde, mais le breuvage hautement apprécié par Pline l'Ancien, Virgile, Martial et Suétone était sans aucun doute le vin connu aujourd'hui sous le nom de Valpolicella. Ce vin, ainsi désigné d'après le nom de la vallée située au nord de Vérone, et qui constitue aujourd'hui le centre de sa production, est différent de ceux produits dans d'autres zones tributaires du climat doux engendré par les eaux du Lac de Garde, en ce sens qu'il possède davantage de corps et une couleur plus intense. Sa réputation mondiale, le Valpolicella la doit toutefois à deux versions du vin, le Recioto et le Recioto Amarone. Pour produire ces deux vins, les grappes de raisins sont soigneusement sélectionnées et ensuite mises à sécher, après la vendange, durant une période qui varie de 30 à 90 jours. Le pressurage et la fermentation ont lieu à des moments, dans des conditions environnementales et conformément à des méthodes qui diffèrent de ceux préconisés pour le Valpolicella normal. En outre, le degré de douceur du vin peut être altéré par le simple fait d'avancer ou de retarder le premier soutirage. C'est la transformation de tous ses sucres en alcool qui différencie l'Amarone du Recioto. Ce facteur, joint à la concentration du moût par la dessiccation des raisins et le vieillissement en fûts de chêne durant au moins un an, explique le développement de caractéristiques exclusives, qui donnent à ce vin une place tout à fait distincte. 

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BARDOLINO

Dans la zone de production du Bardolino, la vigne est cultivée depuis l'Age du Bronze, ainsi que l'attestent les graines de raisins fossilisées trouvées dans les vestiges de maisons sur pilotis construites au bord du lac à Peschiera, Lazise, Cisano, Pacengo et Bor.

Le nom du vin, indubitablement d'origine germanique, pourrait dériver, ainsi que le veut la légende, de Bardala, fille du Roi Axuletus et petite-fille de Mantus, fondateur de Mantua. Ce récit fut raconté pour la première fois par le poète latin Virgile, et ensuite inclus dans la Divine Comédie de Dante Alighieri. Au Moyen Age, alors que la production agricole tendait généralement à décliner, la culture et la production de Bardolino se poursuivirent, sous l'impulsion des moines de l'Eglise de San Colombano, qui sauvèrent ainsi le vin de la disparition. Jusqu'au début du 19e siècle, il était coutumier de produire le Bardolino en faisant fermenter le moût dans les cavités creusées dans des couches rocheuses imperméables, couvertes de dalles de pierre. Le Bardolino est le produit de l'assemblage de divers cépages, dont chacun a un rôle précis à jouer. Le Corvina produit le corps et la couleur, le Rondinella est responsable du bouquet caractéristique et agréablement herbacé du vin, tandis que le Molinara confère à celui-ci son parfum, et que le Negara lui permet de maintenir douceur et fraîcheur. 

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SOAVE CLASSICO 

Le Soave est l'un des noms les plus séduisants que l'on puisse concevoir pour un vin. S'il n'avait pas existé, une firme de relations publiques aurait pu l'inventer, et ainsi faire sa propre fortune, et celle du vin. En fait, l'origine du nom est pour le moins douteuse. Deux hypothèses ont été avancées, mais elles doivent davantage à la légende qu'aux faits. La première attribue la paternité du nom au grand poète italien du 13e siècle, Dante Alighieri, auteur de la Divine Comédie, et grand ami du seigneur de Vérone, Cangrande della Scala. La seconde prétend que Roméo aurait goûté le vin après un rendez-vous avec Juliette. "Soave", dit-il à la servante qui lui apportait le gobelet, mais il pouvait tout aussi bien faire allusion aux baisers de Juliette. Quelle que soit l'origine du nom, une chose est sûre, ce vin est apprécié depuis des siècles, et les commentaires élogieux à son sujet remontent au moins jusqu'à Cassiodore, qui le recommandait chaudement à son seigneur, le roi goth Theodoric, en le comparant à un autre chef-d'œuvre œnologique de la même région, le Recioto della Valpolicella.  

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PROSECCO

Les amateurs locaux de ce vin aiment à dire que l'ancêtre du Prosecco était le vin Pucinum, très apprécié par les chroniqueurs de la Rome antique et beaucoup dégusté parce qu'il s'agissait, apparemment, de la boisson préférée de l'impératrice Livie, qui en buvait de grandes quantités. Les historiens refusent toutefois cette théorie, et considèrent le Pucinum comme le lointain ancêtre du Refosco. Ainsi, ils basent leur argumentation sur une description de Pline l'Ancien dans son ouvrage Naturalis Historia, dans lequel il décrivait l'ancienne variété comme "omnium nigerrima" (entièrement noire - ou rouge). Sachant cela, il est clair que le Prosecco tel que nous le connaissons aujourd'hui ne présente absolument aucune similitude avec le Pucinum. La réputation de terre d'excellents vins dont jouit Conegliano est déjà soulignée dans des documents datés du 10e siècle. En outre, en 1606, un rapport envoyé par le Podestà de Conegliano au Sénat mentionne la première commande internationale de vins, avec des acheteurs venus d'aussi loin que l'Allemagne et la Pologne et n'hésitant pas à faire des offres exorbitantes pour se réserver la meilleure cuvée. L'un des éléments qui a concouru au maintien constant du niveau élevé de qualité du Prosecco di Conegliano durant tout le vingtième siècle est certainement la présence, dans sa zone de production, de l'Ecole de Viticulture et d'œnologie de Conegliano, fondée en 1876. Depuis sa fondation, l'école sert de point de référence pour la recherche scientifique et technologique menée par l'ensemble du secteur œnologique italien. 

 

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LOMBARDIA – LA LOMBARDIE 

Parmi les nombreuses industries que compte la Lombardie, le vin ne se positionne pas vraiment en tête de liste. Les citoyens de cette région très peuplée et prospère semblent de plus en plus enclins à privilégier les versions industrialisées de l'agriculture, au détriment de la production artisanale de bons vins, plus fastidieuse et moins lucrative. En outre, sur un territoire composé à peu près pour moitié de plaines fertiles et pour plus d'un tiers de montagnes et de lacs, les douces collines se prêtant à la culture viticole ne sont pas légion.

Pourtant, le climat alpin tempéré par les lacs de Garde, Iseo, Côme et Maggiore, au nord, ainsi que la présence des Apennins, qui influencent le climat plus au sud, a donné naissance à des sites particulièrement favorables à la culture du raisin. Et même si la production est nettement inférieure à celle des régions voisines de Vénétie, d'Emilie-Romagne et du Piémont, la Lombardie produit quelques très bons vins, dont une partie, trop souvent négligée, est vraiment excellente. Il est difficile d'expliquer pourquoi les Lombards - surtout les éclectques Milanais - se montrent parfois condescendants à leur égard, mais il est un fait que les mises en bouteille locales sont presque invariablement surclassées par les rouges de Toscane et du Piémont, et par les blancs des Venezie. La majeure partie des 6 millions de bouteilles de rouges Nebbiolo produites annuellement dans la Valtellina alpine sont escamotées par la Suisse voisine avant même que les Italiens aient eu la chance d'en voir une seule. Au rang des principales exceptions, on trouve les vins effervescents metodo classico de Franciacorta, dans la région des lacs, une zone dont le spumante est indéniablement en vogue.

La zone la plus productive de Lombardie, le Pavese d'outre-Pô, est également la plus malmenée. Une grande partie de son rouge tranquille et de ses vins blancs se vend en gros ou dans des bouteilles anonymes, dans les restaurants de Milan, Gênes et d'autres villes. Bien que la région d'Oltrepo' soit la principale source italienne de Pinot Nero, les producteurs délaissent une grande partie de celui-ci au profit du Piémont et d'autres producteurs de brut spumante, qui commercialisent les vins sans grand égard pour leur origine. Sur plus d'un iCC million de litres produits annuellement dans l'Oltrepo', 15 pour cent seulement sont vendus sous la dénomination DOC - et souvent à des prix cassés. Cette attitude est totalement injustifiable, car certains très bons vins sont produits là, non seulement les Pinot, mais également les robustes Barbera, Bonarda et le Pavese Rosso d'Oltrepo', sans oublier des Rieslings et des Moscato fruités. Certains prédisent un retour en force du spumante local grâce à la promotion du Classese en dénomination metodo classico de grande qualité.

Le Valtellina bénéficie de davantage de respect à l'étranger. Les bouteilles des quatre appellations Superiore - Grumello, Inferno, Sassella et Valgella, dont chacune représente un petit sous-district, circulent aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ainsi que le riche et moelleux Sfursat ou Sforzato. Les rouges Valtellina figurent parmi les plus austères des Nebbiolo, ce qui s'explique par la fraîcheur qui règne sur ces vignobles de montagne cultivés en terrasses, tellement raides par endroit que les raisins doivent être remontés dans des paniers, au moyen de câbles. Leur légèreté apparente est toutefois trompeuse, car certains d'entre eux possèdent la force et la vigueur qui les rendent aptes à bonifier durant une bonne décennie.

De bons vins sont produits dans les provinces de Bergame, Mantoue, voire même Milan, mais le prix de la qualité et de la variété va incontestablement à Brescia, qui affiche pas moins de 7 DOC sur 13 pour l'ensemble de la région : Botticino, Capriano del Colle, Cellatica, Franciacorta, Lugana, Riviera del Garda Bresciano et San Martino della Battaglia. Les berges du Lac de Garde produisent le Lugana (que l'on peut comparer à un bon Soave Classico), ainsi que le rosso caractéristique et le chiaretto de Riviera del Garda, qui n'a rien à envier aux meilleurs Valpolicella et Bardolino. Les rouges vigoureux de Botticino et Cellatica et le moelleux Tocai de San Martino ont également leurs adeptes.

Quoi qu'il en soit, les vins lombards les plus admirés du moment sont les spumanti de Franciacorta. La zone possède également un bon rouge issu de Cabernet, Barbera et Nebbiolo, ainsi qu'un très valable blanc tranquille composé de Pinot Bianco et Chardonnay. Sa réputation se fonde toutefois sur les remarquables vins effervescents fermentés en bouteille et élaborés par de petits domaines. C'est également dans cette région que l'on trouve le plus grand producteur d'Italie de metodo classico, Guido Berlucchi, même si les cuvées, près de 5 millions de bouteilles par an, incluent des vins issus du Trentino-Alto Adige, Oltrepo' et Piémont, ainsi que des productions locales. En tout, Franciacorta produit un tiers du spumante classique italien, bien que la majeure partie de cette production ne soit pas DOC.

TERRE DI FRANCIACORTA

La Franciacorta, réputée jusqu'à la fin du siècle dernier pour sa production de vins tranquilles très appréciés, doit son récent succès international à l'introduction d'une technique d'élaboration de vins effervescents selon la méthode champenoise. Cette décision a permis au district de rehausser encore davantage la qualité des produits d'une viticulture bénéficiant déjà d'un sol remarquable et d'un microclimat particulièrement favorable. La zone de production est située dans les collines de la province de Brescia, au sud du Lago d'Iseo. Le nom pour le moins inhabituel, Franciacorta, dérive apparemment d'un terme ancien, "franca curte," appliqué à une vaste propriété monastique, qui englobait autrefois une grande partie du district. En qualité de propriété ecclésiastique, ce domaine était "franco", exempté de taxes.

D'autres explications, plus pernicieuses, ont toutefois été avancées, notamment que le nom se référerait au bref, ou "corta" séjour dans la région de Charles d'Anjou et de ses troupes françaises. Le séjour fut bref parce qu'ils furent expulsés en 1266. 

L'extraordinaire développement de Franciacorta est non seulement dû à l'attrait et à la qualité de ses vins, mais également aux remarquables capacités d'entreprendre de la population de Brescia. Les habitants ont su promouvoir avec intelligence la production de la région, qui s'est toujours consacrée à la culture du raisin et à la production de vins. 

TERRE DI FRANCIACORTA BIANCO  

Variétés : Pinot bianco et/ou Chardonnay. 

TERRE DI FRANCIACORTA ROSSO

Variétés : Cabernet franc, 40-50%; Barbera, 20-30%; Nebbiolo, 15-25%; Merlot, 10-15%. L'adjonction de maximum 15% d'autres variétés à grains rouges recommandées ou autorisées par la province de Brescia est permise. 

TERRE DI FRANCIACORTA BRUT

Variétés : Pinot bianco et/ou Chardonnay, avec adjonction possible de Pinot grigio et/ou Pinot nero, à raison de maximum 15%.

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PIEMONTE  (LE PIEMONT)

Les vignobles comprennent 70.000 hectares (6e) dont 35.900 hectares de territoires DOC régistrées (1er)

La production annuelle du vin s'élève à 3.700.000 Hl (7e) dont 32% DOC ou DOCG (2e place avec Toscane), et environ la même quantité en blanc qu'en rouge. 

Pratiquement tous les vins classés du Piémont sont issus de cépages autochtones. Outre le Nebbiolo, noble source du Barolo, du Barbaresco et du Gattinara, tous DOCG, le cépage Barbera figure au rang des plus populaires pour les rouges, tandis que le Dolcetto est admiré pour ses vins doux et corsés. Enfin, Freisa, Grignolino, Brachetto et une légion d'autres variétés complètent le panorama des vins rouges. Pourtant, parmi les vins DOC en tout cas, les blancs se distinguent tout autant. En tête de liste arrive le Moscato d'Asti, base de l'Asti Spumante. Avec une production de plus de 50 millions de litres annuels, celui-ci se classe second en volume derrière le Chianti pour ce qui est des vins italiens classifiés. Autre star confirmée au royaume des blancs secs, le Gavi, issu de la variété locale Cortese. Région la plus occidentale d'Italie, dont les frontières jouxtent la Suisse et la France, le Piémont est enserré entre les Alpes et les Apennins, ce qui explique la signification de son nom, pied de la montagne. "Bien qu'il ne se positionne que septième parmi les régions en termes de production globale, à tous les autres égards, le Piémont est un géant du vin. Il compte le plus grand nombre de zones DOC et DOCG, soit 38 (qui s'arrogent pas moins de 43 types distincts de vins), et la plus grande proportion de vignobles réservés à la production classée. Pour ce qui est de la dextérité, du respect de la tradition et de la dévotion aux cépages locaux dans leur habitat historique, le Piémont est vraiment sans aucun rival en Italie. Le climat de la région est sévère, du moins selon les normes italiennes, avec des saisons bien marquées. Les hivers sont froids, avec beaucoup de neige; les étés sont généralement chauds et secs; printemps et automne sont normalement assez frais, et le brouillard est fréquent en période de vendange. La plupart des vignobles sont regroupés dans deux zones principales; dans le sud-est, les montagnes Langhe anci Monferrato, reliées aux Apennins, et au nord, les contreforts des Alpes, entre le Lac Majeur et le Val d'Aoste.

Le foyer de la production de haut niveau est la ville d'Alba, sur le fleuve Tanaro. Dans les collines Langhe toutes proches, on produit le Barolo (roi des vins et vin des rois), au rythme de 6 millions de bouteilles par an, tandis que le Barbaresco, que de nombreux experts jugent équivalent, atteint rarement la moitié de cette production. Tous deux sont issus du Nebbiolo, qui leur confère une structure puissante, les rendant aptes à bonifier durant de nombreuses années, surtout ceux issus de bons millésimes tels que 98, 97, 96, (95), 90, 89, 88, 86, 85, 82, 79, 78 , et 71. Les traditionnels Barolo et Barbaresco ont presque été élevés au rang de vins cultes, encore que souvent critiqués parce que trop élaborés pour les goûts modernes. Mais la combinaison d'une série de bons millésimes et l'application de nouvelles techniques par les vinificateurs, dont de nombreux jeunes, semblent modifier quelque peu cette image vieillotte. Barolo et Barbaresco ont su conserver leur ampleur, tout en gagnant en équilibre et en devenant plus accessibles qu'autrefois. La zone d'Alba est renommée pour son doux et souple Dolcetto, repris dans plusieurs appellations, ainsi que pour son Nebbiolo de premier ordre et son blanc Arneis, issu des collines de Roero, sans oublier des vins de table de grande classe, parfois commercialisés sous le nom de Langhe.

Les progrès les plus surprenants observés dans les zones d'Alba et d'Asti sont toutefois le fait de l'omniprésent Barbera lequel, après avoir croupi durant des années dans la catégorie des vins dits "communs", est soudainement devenu très chic. Certains vieux Barbera issus de parcelles choisies autour d'Asti et d'Alba en sont arrivés à soutenir la comparaison avec les raffinés rouges Nebbiolo. Les Piémontais boivent plus de vin rouge que de blanc, et la moitié environ du rouge est constituée de Barbera, également séduisant en versionjuvénile fruitée et pétillante. Trois autres vins rouges sont également revenus sur le devant de la scène après des années de purgatoire, en l'occurrence le pâle Grignolino, le Freisa, souvent frizzante, et le doux et pétillant Brachetto, d'Acqui. Dans l'autre grande zone de production Nebbiolo, les collines du nord, des styles plus modernes sont en train d'émerger, avec des rouges comme les Ghemme, Carema, Lessona, Sizzano, Fara et le longtemps célébré Gattinara, devenu entre-temps DOCG.

Le Piémont se classe parmi les principaux producteurs italiens de vins effervescents. Principal d'entre eux, l'Asti Spumante, le vin pétillant doux le plus populaire du monde. A l'heure actuelle, le marché de ce blanc parfumé est plus vaste à l'étranger qu'en Italie. Et de fait, la demande internationale est telle que l'on observe une pénurie de raisin Moscato di Canelli. La région est également un tout gros producteur de vins pétillants secs, méthode classique et charmat, même s'il est rare que les cépages Pinot et Chardonnay proviennent de la région. La plupart proviennent de la région voisine d'Oltrepo' Pavese, en Lombardie, ou encore du Trentino Alto-Adige.

Parmi les blancs tranquilles, le Gavi se profile comme l'un des vins les plus convoités d'Italie, avec son style nerveux et vif. Ses admirateurs le tiennent pour un des meilleurs avec la cuisine de la mer. L'Arneis continue à gagner du terrain à Roere, où le léger et piquant Favorita est également en train d'émerger. Certains annoncent une renaissance de l'ancien blanc Erabaluce di Caluso, qui provient des environs de Turin. Bien que les vignerons piémontais aient été les premiers à tester des variétés étrangères telles que le Cabernet et les Pinot, et cela dès le 19e siècle, ces vignobles sont largement passés de mode. Ce n'est que récemment que le Cabernet Sauvignon, les Pinot et, surtout, le Chardonnay se sont avérés très prometteurs en qualité de vins de table. Leurs admirateurs font toutefois observer que malgré le statut universel de leurs cépages, ces vins sont indubitablement estampillés piémontais.

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BARBARESCO 

Le Barbaresco est l'un des grands vins du Piémont, et devrait être bu avec tout le respect qu'il mérite. D'origine très ancienne, ce vin était déjà mentionné par Tite-Live, dans son monumental ouvrage sur l'Histoire de Rome. Selon une ancienne tradition, les Gaulois furent attirés en Italie et descendirent vers le sud de la péninsule à cause des qualités du vin de Barbaritium, d'où l'on tira le mot "Barbariscum" et, plus tard, Barbaresco. 

Certains experts prétendent toutefois que le vin tire son nom des hordes barbares qui menèrent des raids intensifs en Italie avant et après la chute de Rome. Il y a longtemps de cela, le Barbaresco se nommait Nebbiolo ou Barolo, et ses vinificateurs lui ajoutèrent des raisins Moscatello et Passeretta, qui conférèrent au vin sa saveur douceâtre, tout en le rendant effervescent. Le Barbaresco, vin rouge aristocratique que nous connaissons aujourd'hui, fut mentionné en 1799, lorsque le Général autrichien Melas réclama du "Nebbiolo di Barbaresco" pour célébrer avec tout le faste dû sa victoire sur les Français. Ce n'est que vers le milieu du 19e siècle toutefois que l'on commença à produire un vin sec, qui fit ressortir toutes les qualités extraordinaires du Barbaresco. Le professeur Domizio Cavazza, un œnologue de renom, introduisit de nouvelles techniques de vinification et en 1894, il fonda une entreprise vinicole coopérative exclusivement réservée à la production de Barbaresco. Le comparant aux plus grands vins français, l'œnologue décrivait le Barbaresco comme un vin "raffiné, doux et généreux." 

  • Entités de production : 482 producteurs.

  • Nombre d'hectares inscrits : 489,75.

  • Production maximum possible : 27.426 hl.

  • Quantité produite : 17.710 hl.

  • Zone de production : l'ensemble du territoire des communes de Barbaresco, Treiso et Neive et le district de San Rocco Senodelvio de la commune d'Alba, dans la province de Cuneo. Seuls les vignobles juchés sur des collines aux versants et à l'orientation appropriés sont considérés aptes à la production. De plus, les terrains doivent être essentiellement de type argilo-calcaire.

  • Variétés : Nebbiolo de Michet, Lampia et sous-variétés de Rosé.

  • Qualifications : soumis à une période de vieillissement d'au moins quatre ans, le vin mérite la mention Riserva.

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BARBERA d'ALBA  

Les origines de la variété Barbera sont extrêmement anciennes, mais les premiers documents dans lesquels le vin est cité datent d'il y a seulement quelques siècles. En fait, la première citation formelle du Barbera apparaît dans un document du 17e siècle, aujourd'hui conservé à l'hôtel de ville de Nizza Monferrato. Le vin fut mentionné officiellement pour la première fois en 1798, lorsque le Comte Nuvolone, sous-directeur de la société agraire de Turin, rédigea la première ampélographie des variétés cultivées dans les vignobles du Piémont. "Il" ou "la" Barbera, ainsi qu'il était traditionnellement désigné par les vignerons piémontais, dont le caractère brusque et sans prétention est le reflet fidèle de ce rouge franc et robuste, est l'un des vins les plus appréciés et les plus connus d'Italie pour sa générosité et sa force. A. Strucchi, célèbre œnologue italien, faisait observer, à la fin du siècle dernier, que "lorsque le vin de Barbera atteint cinq à six ans d'âge, il accompagne aussi bien les viandes rôties que le Barolo, et est préféré par beaucoup aux vins plus célèbres."
Réputé pour sa capacité à créer une sensation chaleureuse et redonner de la vigueur, le Barbera était particulièrement prisé par les officiers de l'armée savoyarde, qui le qualifiaient de "compagnon sincère". Ils prétendaient en effet que le vin les aidait à garder la tête froide lors des épisodes les plus difficiles d'une rude bataille. 

Apprécié par des poètes aussi remarquables que Carducci et Pascoli, le Barbera est encore toujours considéré comme un vin exceptionnel par de nombreux experts contemporains. 

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DOLCETTO D'ALBA

Nombre de magnifiques produits de la région d'Alba, des truffes blanches à la viande, en passant par le fromage de brebis, sont connus et appréciés dans toute l'Italie. Le produit le plus fameux de tous demeure toutefois le vin, qu'il s'appelle Barolo, Barbaresco, Moscato, Barbera, Nebbiolo ou Dolcetto. Le dernier de cette liste, le Dolcetto d'Alba, a contribué de manière décisive à la réputation de la commune. Mais Alba peut s'enorgueillir d'une histoire fascinante, qui commença sous les Romains, où elle portait le nom de Pompeia, se poursuivit au Moyen Age, époque à laquelle la commune était riche et florissante, et se perpétue aujourd'hui encore, en qualité de centre agricole important du territoire fertile et attractif des Langhe. Il y a quelques décennies d'ici, des centres de distribution furent établis dans le district, et le raisin fut bientôt expédié jusqu'en Belgique. Aujourd'hui, le raisin issu de la variété Dolcetto est uniquement utilisé pour la production d'un vin spécial, dont les caractéristiques varient en fonction de la zone de culture de la vigne. Parmi les divers types de Dolcetto, le plus représentatif est clairement celui qui est produit dans le district d'Alba. En effet, au fil du temps, le Dolcetto d'Alba a élargi son cercle d'admirateurs, grâce à sa séduisante robe rouge rubis violacée, son nez caractéristique et son arrière-goût d'amandes amères, qui est l'une de ses principales caractéristiques. A ce propos, on a coutume de dire que le Dolcetto d'Alba "baroleggia", ce qui signifie que sa couleur plus sombre et son indice d'alcool plus élevé lui permettent de développer de remarquables qualités lorsqu'il a l'occasion de vieillir durant deux ou trois ans. Durant cette période, le vin développe des qualités spéciales, qui le mettent au rang des Barolo et Gattinara. Certains le préfèrent même, parce qu'il est plus léger et plus subtil que les deux susnommés.

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BAROLO

Défini comme "le roi des vins et le vin des rois" en raison de ses caractéristiques royales, ce superbe rouge piémontais est l'un des porte-drapeaux de l'œnologie italienne. Le statut royal du Barolo s'impose dès le Moyen Age, et depuis, sa réputation n'a cessé de croître au fil du temps. Les souverains, de même que la noblesse, avaient coutume d'inviter à leur table des classiques du Bordelais ou des vins de Bourgogne. On raconte que le Barolo se retrouvait souvent à la table de Louis XIV, tandis que d'autres admirateurs de ce vin incluent notamment le Roi Charles Albert, les Marquises de Saluzzo et Monferrato et Marie- Christine de Savoie. Bien d'autres personnages illustres de l'histoire contribuèrent à faire croître la réputation du vin, en particulier le Comte Camillo Benso di Cavour. Cavour avait coutume de donner des réceptions au cours desquelles le vin figurait en bonne place. Il assuma un rôle personnel dans l'élaboration du vin, dans son domaine de Grinzane, avec des résultats tout simplement remarquables. En peu de temps, il devint un véritable expert, et le Barolo issu de ses vignobles pouvait rivaliser sans crainte avec les meilleurs vins français. Les pontifes n'étaient pas non plus insensibles aux charmes de ce vin. Au début du 19e siècle, Pie VII s'exclamait, après avoir dégusté un excellent Barolo : "Ah, La Morra ! Un beau ciel et un bon vin !" Par la suite, il fit en sorte que le vin soit toujours présent à sa cour et il en buvait fréquemment. Quant aux poètes et autres écrivains, ils n'ont jamais manqué de célébrer les louanges du Barolo et de rendre hommage à sa qualité exceptionnelle. 

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MOSCATO

La variété Moscato est cultivée dans la région d'Asti depuis les temps les plus anciens. Le raisin était cité dans les Statuts de la Commune de Cannelli dès le 13e siècle. Conformément à une ancienne légende du district d'Asti, les origines du Moscato remontent à l'époque de Stanzianelli, qui fonda la communauté. Giovan Battista Croce, un bijoutier milanais qui s'installa à Turin à la fin du 16e siècle, est considéré comme le "père" du Moscato d'Asti. Orfèvre et bijoutier réputé du Duc Charles-Emmanuel de Savoie, Croce était également propriétaire d'un vignoble situé entre Montevecchio et Candia, dans les collines turinoises, où il se livrait à des expériences avec divers systèmes de palissage, afin d'améliorer la qualité de ses vignes. Dans sa cave, il mettait au point des techniques permettant de produire des vins doux, aromatiques, au faible indice d'alcool. En 1606, il publia le fruit de ses recherches et ses conclusions dans un petit ouvrage intitulé De l'Excellence et de la Diversité des Vins Produits sur la Montagne de Turin et Comment Elaborer ceux-ci.

Pour produire du Moscato, les raisins sont séparés des rafles juste avant le pressurage et le moût ainsi obtenu est vinifié sans les peaux. L'étape suivante consiste à produire la "coperta" et à traiter le moût, afin de le purifier et le désinfecter. Le premier filtrage s'effectue et le processus se répète régulièrement, de telle sorte que le vin reste doux. Le produit ainsi obtenu est désigné sous le nom de filtrat doux. Le Moscato naturel peut être consommé tel quel ou transformé en vin effervescent.

  • Entités de production : 7.428 producteurs.

  • Nombre d'hectares inscrits : 8.957 ha

  • Quantité produite : 554.220 hl.

  • Zone de production : de nombreuses communes dans les provinces d'Asti, Cuneo et Alessandria. Seuls les vignobles en coteaux, plantés sur des versants ensoleillés, au sol de préférence calcaire ou argilo-calcaire, sont retenus. Les vignobles situés dans les creux de vallées, aux sols légers et humides, sont exclus.

  • Variétés : Moscato Bianco.

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CORTESE DI GAVI

A l'origine du nom Gavi (la ville ou le vin), on trouve une histoire d'amour et de passion. L'histoire semble avoir été inspirée par la Princesse Gavia, une femme à la belle chevelure blonde, qui était probablement la fille de Clodomir, Roi de France. Elle se maria extrêmement jeune et contre la volonté de la cour royale. Elle s'enfuit, en compagnie de son mari, et on raconte que leur fuite les mena jusqu'aux montagnes entre la Ligurie et le Piémont, très exactement là où se trouve Gavi aujourd'hui. Les deux jeunes gens décidèrent de s'arrêter, bien qu'ils fussent poursuivis par les chevaliers de la Cour de France. Leur quête de liberté connut une fin heureuse, grâce à l'intervention du pape et de la reine des Goths. Gavia et son époux s'établirent dans les hauteurs de Gavi et régnèrent durant de nombreuses années avec clairvoyance et magnanimité. Au-delà de cette légende, de nombreux documents historiques mentionnent Gavi et son vin. La première référence connue au château de Gavi date de 973. La région devint un marquisat à la fin du 11e siècle et maintint un lien étroit avec Gênes, une cité dont elle partagea la destinée et les dynasties jusqu'au milieu du 19e siècle. En dépit de l'intégration ultérieure de Gavi au Piémont, les habitants de la zone conservent un souvenir très vivace de la région côtière et aujourd'hui Gavi, dans la vallée de Lemme, vit la vie d'une zone frontalière avec une fierté altière, bien consciente des signes indélébiles laissés par les événements historiques. A l'instar de son territoire, le Gavi est un vin frontalier, influencé qu'il fut, lui aussi, par les vicissitudes de la Ligurie et de ses administrateurs. En outre, de nombreuses références, historiques et légendaires, décrivent la ville comme étant l'alliée de potentats tels que Charles V et Napoléon Bonaparte. Les documents les plus fiables dont nous disposons à propos de ce vin datent toutefois de la période qui suivit l'épidémie de phylloxera, la reconstitution des vignobles et l'expansion irrésistible du Cortese, une variété aux grappes volumineuses de forme conique, aux grains ronds de couleur jaune et vert brillant, conformément à la description publiée en 1870 par les ampélographes Demaria et Leardi. Produit exclusivement à partir de raisins de la variété Cortese, le Gavi reçut la première reconnaissance légale de sa qualité avec le Décret du Président de la République (DPR) du 26 juin 1974, lui conférant le statut de DOC. Avec le Décret Ministériel du 19 juillet 1998, il fut promu au rang de vin de DOCG.

Dans une région comme le Piémont, très attachée à la production de vins rouges, le Gavi a longtemps fait office d'exemple le plus significatif de ce que l'on entend par "l'autre moitié du ciel", du moins dans le contexte œnologique. La compétence des vignerons et l'enthousiasme des négociants ont permis de tirer le meilleur du Cortese : une couleur jaune paille d'une belle intensité, parée de nombreux reflets verts, un nez très parfumé aux senteurs d'amandes et de noisettes, de citron et de sauge, et un bouquet sec, élégamment structuré, chaleureux et persistant. Outre la version tranquille, le Gavi est disponible sous deux autres formes, un mousseux et un vin effervescent, tous deux produits conformément aux dispositions légales en la matière. A table, le vin se conjugue fort bien avec les entrées, surtout les salami frais et bien vieillis, les hors-d'œuvre à base de poisson ou de produits de la mer et ceux préparés à base de viandes blanches et de légumes. Il accompagne également fort bien les plats dits de "premier service", surtout les plus délicats et élégants, comme le risotto al Gavi. Traditionnellement, le vin est également servi avec des plats aux structures plus robustes, tels que fritures, omelettes, tartes aux légumes, focacce, poulet à la casserole et d'autres préparations. Ces plats sont très représentatifs de la région où le vin est produit, une région dont la magie a su créer une parfaite harmonie entre le vin et la nourriture.

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La Dégustation

La Dégustation

Au cours de cette soirée Nous avons essayé de découvrir le Nord de l’Italie au travers de 7 vins (3 blancs – 4 rouges) aux styles très différents.

Nous avons commencé la soirée par les 3 blancs avec tout d’abord le Colli Orientali del Friuli Tocai Friulano 2002 de Ronco del Gnemiz au nez tout en élégance sur des notes de pomme, de citron, de minéral, d’abricot, de pêche blanche, d’ortie. Bouche à l’attaque ample, large, du fruit, de la fraîcheur et une finale sur une belle amertume de fruits (pamplemousse jaune). Un vin d’une belle élégance aromatique (13,2/20). Nous avons enchaîné avec le Terre di Franciacorta Curtefranca 2003 de Ronco Calino au nez plus opulent sur de belles notes d’ananas, de fleurs blanches, de minéral, de violette. Bouche à l’attaque à la fois ample et tendue, belle ampleur, du gras, de la minéralité et une finale large marquée par l’alcool. Un vin riche et opulent, marqué par un millésime chaud (12,4/20). Nous avons terminé cette série avec le superbe Lugana Ca’Lojera 2004 de la Tenuta Tiraboscha au nez tout en minéralité, s’ouvre sur les agrumes, touche végétale et florale, pomme verte, melon. Bouche à l’attaque ample, large, un très beau fruit, de l’ampleur et une finale sur la fraîcheur et l’amertume du fruit. Un vin tout en fruit et en équilibre (15/20). 

La soirée s’est poursuivie avec la dégustation des 4 rouges. Avec pour ouvrir le bal, l’Oltrepo Pavese La Gatta 2003 de Barberini au nez tout en fruit sur des notes de cassis, de cerise, de fraise sur un fond de vanille, d’épices du bouillon et de romarin. Bouche à l’attaque onctueuse, tannins souples et enrobés, très beau fruit, boisé intégré, finale équilibrée. Un vin tout en équilibre, vinifié de manière très moderne (13,8/20). Nous avons ensuite dégusté le Monferrato Barbiolo Rosso Albarossa 2004 de Dezzani au nez tout en fruit sur des notes de cerise, groseille rouge, cassis, un côté viandeux et sanguin, touche de pâte d’amandes. Bouche à l’attaque souple, un superbe fruit, de l’alcool et de la fraîcheur en parfait équilibre, de l’élégance, de la tension et de la race, une belle finale tendue sur des fruits rouges. Un vin d’un fruit remarquable tout en équilibre entre alcool et acidité (14,6/20). Nous avons enchaîné avec le Teroldego Rotaliano 2003 de Foradori au nez austère et assez fermé qui s’ouvre sur des notes de mûre, de poivron, d’amande, de sous-bois, de fumé, note réduite et minérale. Bouche à l’attaque ample, large, puissante, grande concentration de matière, tannins stricts et serrés, et finale tendue qui a tendance à sécher. Un vin puissant et quelque peu rustique qui doit impérativement se fondre (13,2/20). Nous avons terminé la soirée par le superbe Veronese Palazzo della Torre 2003 d’Allegrini au nez élégant sur des notes de poivron, de fraise, note lactée, d’épices du bouillon, de clou de girofle, de sous-bois, note métallique et sanguine, fleurs (géranium et oeillet). Bouche à l’attaque onctueuse, ronde, un très bel équilibre fraîcheur/alcool, du fruit, des tannins tendus et une finale élégante sur une belle note réglissée. Un vin très racé, promis à un bel avenir (15,3/20). 

Difficile de faire le tour du nord de l’Italie en si peu de temps et de vin mais cette soirée nous aura permis de découvrir que cette région recèle de petites merveilles d’élégance et de subtilité en dehors des grandes appellations piémontaises.

Youri Sokolow

Nous tenons tout spécialement à remercier "Licata Vini" pour nous avoir permis de puiser largement notre description sur son site web : www.licata.be

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Révision : 12 November 2007